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Aides et Subventions pour Créer une Houblonnière — PAC, FEADER et Aides Régionales

Créer une houblonnière professionnelle est un projet d'investissement lourd. Selon la surface, le niveau de mécanisation et le type de structure, le budget de départ se situe entre 25 000 et 100 000 € par hectare. Hors subventions, peu de projets atteignent l'équilibre dans les premières années : le houblon est une culture pérenne dont le rendement maximal n'est atteint qu'en troisième ou quatrième année, pour une durée de production de 20 à 30 ans.

La bonne nouvelle : plusieurs dispositifs publics permettent de couvrir 30 à 50 % de l'investissement initial. L'aide couplée PAC verse un revenu à l'hectare dès la première déclaration. Le FEADER finance les équipements structurants. Les régions proposent leurs propres dispositifs d'investissement. Et pour les nouveaux installés, la Dotation Jeunes Agriculteurs peut financer le démarrage avant même le premier achat.

Ces aides ne s'additionnent pas automatiquement. Elles obéissent à des règles de cumul précises, à des calendriers stricts, et à des conditions d'éligibilité qu'il faut anticiper avant d'engager la moindre dépense. Cette page recense les dispositifs mobilisables en 2025–2026, les montants indicatifs, et la stratégie pour les combiner efficacement. Elle s'adresse aux houblonniers en projet d'installation, aux agriculteurs en diversification, et aux structures collectives (GAEC, EARL, CUMA) qui envisagent une houblonnière.

Pour le choix des variétés et du matériel végétal adapté à votre projet, consultez notre collection de plants de houblon pour houblonnière ou nos guides de culture du houblon pour professionnels.


L'aide couplée PAC houblon : 440 €/ha sans conditions particulières

Principe des aides couplées dans la PAC 2023–2027

La Politique Agricole Commune 2023–2027 maintient un mécanisme d'aides couplées à la production : l'État verse une aide directe aux exploitants qui cultivent certaines productions stratégiques, dans le but d'orienter et de soutenir ces filières. L'enveloppe nationale est plafonnée à 13 % des aides directes, avec 2 % supplémentaires réservés aux légumineuses, soit 15 % au total. La France mobilise ce plafond au maximum.

Le houblon figure explicitement dans la liste des productions éligibles aux aides couplées, au même titre que le chanvre, le blé dur, les pommes de terre féculières ou les légumineuses. Contrairement à certaines cultures, son éligibilité n'impose aucune obligation contractuelle particulière.


Le houblon : une culture éligible sans obligation de contrat préalable

C'est un point important à connaître avant de déposer son dossier PAC : pour le houblon, il n'existe pas de disposition particulière d'éligibilité, contrairement au chanvre (qui exige un contrat signé avec un transformateur avant le 15 mai) ou aux pommes de terre féculières (contrat avec une OP ou une usine de première transformation). Il suffit de déclarer les surfaces cultivées en houblon et de les cultiver effectivement.

Cela ne signifie pas pour autant qu'un contrat de vente est inutile — bien au contraire, la règle d'or de la filière est de sécuriser un débouché avant de planter. Mais cette obligation relève de la logique commerciale, pas d'un prérequis administratif à l'aide couplée PAC.


Montant : 440 €/ha estimatif 2025

Le montant de l'aide couplée houblon est estimé à 440 €/ha pour la campagne 2025. Ce chiffre est prévisionnel : il est recalculé chaque année après bilan des demandes en France, et peut varier à la hausse ou à la baisse selon le nombre d'hectares déclarés au niveau national. Il constitue néanmoins un ordre de grandeur stable sur les dernières campagnes.

Sur une houblonnière de 2 hectares, cela représente environ 880 € par an — un complément de revenu régulier qui, sur la durée de vie d'une houblonnière (20 à 30 ans), représente un apport significatif au compte d'exploitation.


Procédure TéléPAC : délai 15 mai, une case à cocher

La demande d'aide couplée houblon se fait exclusivement via TéléPAC, la plateforme de télédéclaration du Ministère de l'Agriculture. La démarche s'intègre dans la déclaration de surfaces annuelle :

  • Déposer la déclaration de surfaces au plus tard le 15 mai de l'année concernée
  • Déclarer les parcelles cultivées en houblon
  • Cocher la case correspondant à l'aide couplée houblon dans le formulaire de demande d'aides

Un retard de dépôt entraîne des pénalités progressives sur le montant de l'aide. Il est fortement conseillé d'anticiper et de se faire accompagner par sa Chambre d'Agriculture pour le premier dépôt.


Certification FranceAgriMer : obligation légale pour commercialiser

En parallèle de la déclaration PAC, tout producteur souhaitant commercialiser plus de 1 kg de houblon dans l'Union Européenne est soumis à l'obligation de certification FranceAgriMer. Cette certification garantit la traçabilité du lot, un taux d'humidité inférieur à 14 %, et contrôle le taux de graines et de tiges présents dans les cônes. Elle conditionne donc directement la commercialisation — et, par extension, la viabilité économique du projet. À intégrer dans les démarches dès la première récolte.


Le FEADER : financer la structure et les équipements lourds

Qu'est-ce que le FEADER ?

Le Fonds Européen Agricole pour le Développement Rural est le second pilier de la PAC. Il finance les investissements de modernisation et de développement des exploitations agricoles — par opposition aux aides directes du premier pilier (dont l'aide couplée houblon). En France, la gestion du FEADER a été décentralisée aux Régions depuis 2023 dans le cadre du Plan Stratégique National (PSN). Chaque Région définit ses propres priorités d'investissement et ses taux de subvention, dans le cadre fixé par le PSN.

Concrètement, le FEADER fonctionne sur le modèle de la subvention à l'investissement : l'agriculteur réalise l'investissement, avance les fonds, et est remboursé à hauteur du taux de subvention accordé, sur présentation des factures. L'instruction des dossiers est assurée par l'ASP (Agence de Services et de Paiement).


Investissements éligibles pour une houblonnière

Les équipements finançables via le FEADER pour une houblonnière couvrent l'essentiel des postes structurants :

Structure high trellis — C'est l'investissement principal d'une houblonnière professionnelle. Une structure haute (7 à 8 mètres, poteaux béton ou acier, câbles porteurs, ancrages) coûte entre 15 000 et 37 000 €/ha selon la taille du projet et les matériaux. Le FEADER peut financer tout ou partie de cet investissement selon les critères régionaux.

Système d'irrigation — Le goutte-à-goutte est indispensable pour toute houblonnière sérieuse, en particulier dans la moitié sud de la France où les canicules peuvent faire chuter les rendements de façon drastique. Le coût d'installation se situe entre 2 000 et 6 000 €/ha.

Matériel de post-récolte — Le séchoir représente un investissement de 15 000 à 30 000 €. Une cueilleuse-trieuse neuve coûte entre 80 000 et 150 000 € ; d'occasion, entre 2 000 et 12 000 €. L'éligibilité de ces équipements au FEADER dépend des priorités définies par chaque Région.

Bâtiments de stockage et de conditionnement — Éligibles dans la plupart des régions, sous réserve que leur usage agricole soit exclusif et démontré.


Taux et plafonds

Les taux de subvention FEADER varient généralement entre 30 et 50 % des dépenses éligibles, avec des bonifications possibles pour les jeunes agriculteurs, les projets en agriculture biologique ou les zones défavorisées. Les plafonds de dépenses éligibles sont fixés au niveau régional — il est impératif de consulter le dispositif en vigueur dans sa Région avant de budgéter le projet.


Procédure et calendrier : la règle d'or

Ne jamais engager une dépense avant d'avoir reçu la notification d'aide. C'est la règle absolue du FEADER. Tout achat réalisé avant la notification — même après le dépôt du dossier — est automatiquement inéligible. La procédure est la suivante :

  • Dépôt du dossier auprès de la Région (avec devis)
  • Instruction du dossier par l'ASP
  • Notification de la décision d'aide
  • Réalisation de l'investissement et achat du matériel
  • Dépôt des factures et demande de paiement

Les délais d'instruction peuvent dépasser six mois. Il faut anticiper largement et ne pas calquer le calendrier des achats sur celui de la plantation.


Aides régionales d'investissement : panorama national

Grand Est : le dispositif le plus documenté

La Région Grand Est dispose du dispositif d'aide à la filière houblon le mieux documenté en France, ce qui s'explique par la concentration historique de la production française (Alsace) sur ce territoire.

Le dispositif distingue deux volets :

Matériel de culture, cueillette et conditionnement — Taux de subvention de 30 % des dépenses éligibles, avec un montant minimum d'investissement de 5 000 € HT. Plafond des dépenses retenues : 100 000 € HT pour les projets individuels (aide maximale : 30 000 €) et 175 000 € HT pour les projets collectifs (aide maximale : 52 500 €).

Montage et renouvellement de houblonnière — Taux de 40 % des dépenses éligibles. Pour une construction neuve, les dépenses sont plafonnées à 8 000 €/ha. Pour un renouvellement : montant minimum d'investissement de 3 000 € HT, plafond de dépenses retenues à 15 000 € HT (aide maximale : 6 000 €).

Les demandes sont à déposer auprès de la Région Grand Est. Ces paramètres correspondent au dispositif documenté en 2024 — vérifier les conditions en vigueur au moment du dépôt.


Projets collectifs et CUMA : des plafonds majorés

Pour les structures collectives (CUMA, coopératives agricoles, GAEC, GIEE composés exclusivement d'exploitants agricoles), les plafonds de dépenses éligibles sont systématiquement majorés. En Grand Est, le passage de 100 000 € à 175 000 € HT pour les projets collectifs permet de financer des équipements de récolte mutualisés — une stratégie particulièrement pertinente pour les surfaces comprises entre 1 et 3 ha, où l'achat individuel d'une cueilleuse neuve n'est pas amortissable.

La mutualisation via une CUMA permet également de répartir les charges opérationnelles annuelles d'entretien du matériel, et d'accéder à des équipements de qualité professionnelle inaccessibles à l'échelle individuelle.


Autres régions productrices : Bourgogne-Franche-Comté, Hauts-de-France

En dehors du Grand Est, plusieurs régions ont développé ou soutenu des filières houblon émergentes, notamment en Bourgogne-Franche-Comté et dans les Hauts-de-France. Les dispositifs d'aide à l'investissement houblon y sont moins systématisés, mais des enveloppes FEADER et des aides régionales spécifiques peuvent exister selon les appels à projets en cours.

La démarche à suivre dans ces régions : contacter en premier lieu la Chambre d'Agriculture départementale, qui connaît les dispositifs actifs sur le territoire, puis la DRAAF régionale pour les financements FEADER. La plateforme les-aides.fr, gérée par les CCI, recense également les dispositifs par région.


Les dispositifs régionaux évoluent chaque année

Les enveloppes budgétaires sont annuelles ou pluriannuelles selon les programmes. Un dispositif ouvert en 2024 peut être fermé ou modifié en 2025. La règle pratique : prendre contact avec la Chambre d'Agriculture avant tout achat, pour vérifier l'état des dispositifs en cours et les conditions de dépôt. Certains dispositifs ferment à date fixe, d'autres sont ouverts en continu jusqu'à épuisement de l'enveloppe.


Aides à l'installation : DJA, AITA et accompagnement

La Dotation Jeunes Agriculteurs (DJA)

La Dotation Jeunes Agriculteurs est le principal dispositif de soutien à l'installation agricole en France. Il s'agit d'une aide non remboursable versée en capital, destinée à financer le démarrage de l'exploitation. Son montant varie selon plusieurs critères de modulation :

  • La zone géographique (zone de plaine, zone défavorisée, zone de montagne)
  • Le mode de production (majoration pour l'agriculture biologique ou la conversion en cours)
  • Le type de projet (installation progressive, projet collectif)

Les montants de base oscillent généralement entre 8 000 et 40 000 € selon les régions et les modulations applicables. Certaines régions versent des compléments régionaux en supplément de la dotation nationale.


L'Aide à l'Installation des Travailleurs Agricoles (AITA)

Pour les porteurs de projet de 40 ans et plus, ne remplissant pas les conditions d'âge de la DJA, l'AITA peut constituer une alternative. Son fonctionnement et ses montants varient fortement selon les régions — certaines l'ont maintenue, d'autres l'ont fusionnée avec d'autres dispositifs d'accompagnement. À vérifier auprès de la Chambre d'Agriculture locale.


Conditions communes : le Plan de Professionnalisation Personnalisé

L'accès à la DJA impose de suivre un Plan de Professionnalisation Personnalisé (PPP) validé par la Chambre d'Agriculture. Ce parcours comprend des formations et des stages adaptés au profil du porteur de projet. Il est obligatoire avant le dépôt de la demande d'aide, et peut durer de plusieurs semaines à plusieurs mois selon les lacunes identifiées.

Le PPP s'accompagne d'un plan d'entreprise formalisant le projet d'exploitation sur 5 ans : surfaces, productions, investissements, prévisions de chiffre d'affaires, charges. Pour une houblonnière, ce document doit intégrer les spécificités de la culture : montée en puissance progressive du rendement, investissements lourds en année 1, retour à l'équilibre à partir de l'année 3–4.


Application houblon : les surfaces minimales à connaître

La viabilité économique d'une houblonnière dépend directement de la surface et du mode de commercialisation envisagé :

  • Houblonnière de diversification (maraîcher, paysan-brasseur, exploitation déjà en place) : surfaces typiquement inférieures à 2 000 m² ou jusqu'à 0,5 ha, récolte manuelle ou petit matériel d'occasion, vente directe aux microbrasseries locales.
  • Création ex nihilo en conventionnel : surface minimale viable entre 0,5 et 1 ha, sous réserve d'un contrat de vente sécurisé garantissant un prix plancher.
  • Création spécialisée avec mécanisation propre : au moins 3 ha pour amortir une cueilleuse et un séchoir sans passer par une CUMA.
  • En agriculture biologique : surface minimale viable portée à 1–2 ha, les rendements étant inférieurs de 20 à 30 % (600–1 000 kg/ha contre 1 200–2 200 kg/ha en conventionnel).

Chronologie critique : la DJA avant tout engagement financier

La DJA doit impérativement être obtenue avant tout engagement financier lié à l'installation. Elle conditionne parfois l'accès à d'autres dispositifs bonifiés (taux FEADER majorés pour jeunes agriculteurs, bonification régionale). Un porteur de projet qui achète du matériel ou signe un bail avant d'avoir reçu sa DJA risque de perdre l'aide ou de voir son montant réduit.


Stratégie de cumul : combiner les dispositifs pour financer votre projet

Règles de cumul et non-double financement

Le principe fondamental est celui du non-double financement : un même investissement ne peut pas être subventionné deux fois par deux dispositifs différents. En revanche, des aides qui couvrent des postes de dépenses distincts sont parfaitement cumulables. C'est précisément la logique à adopter pour optimiser le financement d'une houblonnière :

  • La DJA couvre le démarrage global (capital d'installation, fonds de roulement)
  • Le FEADER finance les investissements structurants (structure, irrigation, bâtiments)
  • L'aide régionale peut financer le matériel de récolte et de conditionnement
  • L'aide couplée PAC génère un revenu annuel à l'hectare, indépendant des autres

Exemple type sur 1 hectare

Simulation indicative pour un projet de création d'une houblonnière d'1 ha en conventionnel, porté par un jeune agriculteur en zone de plaine :

Poste Coût indicatif Aide mobilisable Couverture estimée
Structure high trellis 25 000 € FEADER (40%) 10 000 €
Irrigation goutte-à-goutte 4 000 € FEADER (40%) 1 600 €
Plants certifiés (2 000 plants/ha) 6 000 €
Préparation du sol 2 000 €
Cueilleuse d'occasion (mutualisée CUMA) 4 000 € Aide régionale (30%) 1 200 €
Séchoir (mutualisé CUMA) 8 000 € Aide régionale (30%) 2 400 €
Démarrage exploitation DJA (~15 000 €) 15 000 €
Total investissement ~49 000 € ~30 200 € ~62%

Chiffres indicatifs — les taux et plafonds varient selon la Région et le profil du porteur de projet.


Ordre chronologique des démarches

C'est le point le plus critique : le calendrier des démarches conditionne l'éligibilité des aides.

  • PPP validé — Chambre d'Agriculture, plusieurs semaines à plusieurs mois
  • Dossier DJA déposé et obtenu — avant tout engagement financier
  • Dossier FEADER déposé — avec devis, avant tout achat de matériel
  • Notification FEADER reçue — seulement alors, procéder aux achats éligibles
  • Aide régionale — selon le dispositif local, avant ou après achat (à vérifier)
  • Déclaration PAC TéléPAC — chaque année avant le 15 mai
  • Certification FranceAgriMer — dès la première récolte commercialisée

Vigilances clés

Antériorité des achats — Toute dépense engagée avant le dépôt du dossier FEADER ou avant la notification d'aide est automatiquement inéligible. Même un acompte versé suffit à disqualifier l'investissement.

Règle de minimis — Certaines aides régionales de faible montant relèvent du régime de minimis agricole, plafonné à 20 000 € sur trois exercices fiscaux. Ce plafond est global : si vous avez déjà bénéficié d'aides de minimis dans le cadre d'une autre activité, le plafond peut être atteint plus vite que prévu.

Obligation de contrat de vente préalable — La règle d'or de la filière houblon est de ne jamais planter sans avoir sécurisé un contrat de vente. La majorité des volumes professionnels (70 à 100 %) sont commercialisés via des contrats pluriannuels avec des brasseries ou des négociants. Une houblonnière sans débouché contractualisé expose l'exploitant à une invendabilité totale de sa production.

Passeport Phytosanitaire Européen (PPE) — Le matériel végétal planté doit obligatoirement être accompagné d'un Passeport Phytosanitaire Européen, attestant l'absence de viroses et de verticilliose (Verticillium dahliae), champignon du sol incurable qui peut rendre une houblonnière inexploitable pour des décennies. À exiger impérativement auprès de votre fournisseur de plants. Consultez notre guide Rhizomes ou Plants en Pot — Quel Matériel Végétal Choisir ? pour comprendre les différences entre les formes de matériel végétal et leurs implications sanitaires.


Investissement, rendement et rentabilité : les chiffres à connaître avant de monter un dossier

Tableau synthétique des investissements de création

Poste Coût indicatif (€/ha) Notes
Structure high trellis 15 000 – 37 000 Selon surface et matériaux
Plants certifiés (2 000 – 3 200 plants/ha) 2 500 – 12 500 Plants in vitro > éclats de rhizome
Préparation du sol 1 500 – 3 000 Labour profond, amendements, sous-solage
Irrigation goutte-à-goutte 2 000 – 6 000 Indispensable
Cueilleuse-trieuse (neuve) 80 000 – 150 000 Matériel individuel — surface > 10 ha
Cueilleuse-trieuse (occasion) 2 000 – 12 000 Adapté pour 1 à 3 ha
Séchoir 15 000 – 30 000 Mutualisation recommandée < 3 ha
Total hors matériel récolte 25 000 – 50 000 Par hectare
Total avec matériel récolte 60 000 – 100 000 Par hectare, équipement individuel

Montée en puissance du rendement

Le houblon est une culture à forte inertie économique. Les premières années ne génèrent pas de revenus significatifs :

  • Année 1 : rendement nul à quasi-nul (0–10 % du potentiel)
  • Année 2 : 20 à 50 % du rendement maximal
  • Année 3–4 : plein rendement atteint (100 %)

À pleine maturité, le rendement moyen en agriculture conventionnelle se situe entre 1 200 et 2 200 kg/ha de cônes secs. En agriculture biologique, il est inférieur de 20 à 30 %, soit 600 à 1 000 kg/ha (avec un objectif cible à 1 200 kg/ha dans les meilleures conditions pédoclimatiques). Cette montée en puissance progressive doit être intégrée dans le plan de trésorerie dès le départ — et elle justifie d'autant plus la mobilisation des aides à l'installation pour traverser les deux premières années sans revenus houblon.


Prix de vente selon le circuit de commercialisation

Circuit Prix indicatif (cônes secs / pellets T90)
Coopérative / circuit industriel (conventionnel) 8 – 15 €/kg
Brasseries artisanales / craft (conventionnel) 15 – 30 €/kg
Circuit court / microbrasseries (biologique) 30 – 50 €/kg

L'écart entre le circuit industriel et le circuit direct est considérable. Une houblonnière de 1 ha en conventionnel, vendue en circuit artisanal à 20 €/kg avec un rendement de 1 500 kg/ha, génère 30 000 € de chiffre d'affaires brut à plein régime. Le même hectare vendu en coopérative à 10 €/kg ne génère que 15 000 €. Le choix du circuit de commercialisation est donc aussi structurant que le choix de la variété.


Charges opérationnelles annuelles

En vitesse de croisière, les charges directes se situent entre 5 000 et 10 000 €/ha/an en conventionnel, et entre 6 500 et 12 500 €/ha/an en agriculture biologique.

Poste Coût indicatif (€/ha/an)
Main-d'œuvre (taille, mise au fil, récolte) 2 500 – 6 000
Énergie et mécanisation 500 – 3 000
Fertilisation 800 – 2 500
Protection phytosanitaire 400 – 1 600
Fournitures annuelles (fils tuteurs) 600 – 1 200

La main-d'œuvre représente 30 à 40 % des charges totales, avec un pic très marqué à la récolte. Pour une surface inférieure à 1 ha, la récolte manuelle reste envisageable mais très chronophage (3 à 4 heures par plant mature). Pour les surfaces au-delà, la mécanisation — propre ou mutualisée — devient rapidement incontournable. Consultez notre page sur la structure high trellis et le palissage pour anticiper les contraintes techniques liées à la récolte mécanisée, ou notre guide sur la houblonnière low trellis si vous envisagez une structure alternative adaptée à de plus petites surfaces.


Les bons interlocuteurs pour monter votre dossier

Chambre d'Agriculture départementale — Premier contact obligatoire. Elle instruit les dossiers DJA, accompagne le PPP, et connaît les dispositifs régionaux actifs. Elle peut également orienter vers les syndicats et organisations de producteurs houblon locaux.

DRAAF régionale (Direction Régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt) — Interlocuteur pour les aides FEADER et les dispositifs régionaux d'investissement. À consulter pour connaître les appels à projets ouverts et les enveloppes disponibles.

ASP — Agence de Services et de Paiement — Instruction des dossiers FEADER et paiement des aides du second pilier PAC. L'ASP gère également le paiement des aides couplées du premier pilier.

IFBM — Institut Français de la Brasserie et de la Malterie — Référence technique de la filière houblon française. L'IFBM accompagne les producteurs sur les aspects agronomiques, les essais variétaux et les débouchés. Un contact précieux pour sécuriser un contrat de vente avant plantation.

Syndicats et organisations de producteurs — Selon votre région, des syndicats houblonniers ou des coopératives peuvent vous orienter vers des dispositifs d'aide spécifiques à la filière, et faciliter l'accès à des contrats pluriannuels.

Houbliverse — conseil plants et matériel végétal — Pour le choix des variétés adaptées à votre zone géographique et à votre circuit de commercialisation, le dimensionnement des commandes de plants certifiés PPE, et les questions sur la disponibilité des variétés, contactez-nous via notre page dédiée. Vous pouvez également consulter notre guide Préparer son Sol pour une Houblonnière pour anticiper les travaux préalables à la plantation.

Pour explorer l'ensemble de nos ressources professionnelles, rendez-vous sur nos Guides de Culture du Houblon pour Professionnels — houblonniers, brasseries artisanales et pépiniéristes.


Les aides publiques ne remplacent pas un plan, elles le rendent viable

Créer une houblonnière sans mobiliser les aides disponibles revient à financer seul un investissement que l'État, les Régions et l'Europe ont prévu de co-financer. Sur un projet à 50 000 €/ha, 15 000 à 25 000 € d'aides mobilisables représentent la différence entre un plan de financement viable et une mise de départ hors de portée.

Mais ces aides obéissent à des règles strictes. Deux erreurs reviennent systématiquement : acheter du matériel avant la notification FEADER, et planter sans contrat de vente sécurisé. Ces deux erreurs peuvent anéantir les bénéfices de toutes les aides combinées.

Le bon point de départ : contacter la Chambre d'Agriculture pour engager le PPP, identifier les dispositifs actifs dans votre région, et construire un plan de financement avant toute dépense. En parallèle, sécuriser un contrat avec une brasserie artisanale ou un négociant — c'est ce contrat, autant que les aides, qui rend le projet bancable.

Pour le choix des plants adaptés à votre projet — variétés, certifications PPE, quantités — explorez notre collection de plants de houblon pour houblonnière ou contactez-nous directement. Retrouvez également toute l'offre de l'écosystème sur economealegumes.fr.